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01/08/2014

Août 14. Jean-Pierre Verney, la mémoire de la Der des ders

Verney744253424.jpgLe 1er août 2014 débute le  centenaire de la Première Guerre mondiale. Pour Jean-Pierre Verney, nul doute que ce premier jour de commémoration a un goût particulier. Celui, finalement, d’une revanche sur l’incompréhension qui accompagna des années durant sa passion dévorante pour la Grande Guerre. Pendant une quarantaine d’années, il a accumulé des milliers d’objets et de documents d’époque. 21 000 ! Sans lui, le musée de la Grande Guerre du pays de Meaux n’aurait pas vu le jour en 2011. A 68 ans, il peut s’enorgueillir d’avoir à lui seul constitué le fonds d’un musée. 90% des pièces qui y sont présentées sont le fruit de ses recherches personnelles. Il a notamment réuni 150 uniformes complets provenant de tous les pays belligérants. Une collection unique. Il en a fait don,  de même que l’ensemble de sa collection.


Érudit, pédagogue, il reste modeste. « J’ai été une sorte de laboureur, et ce musée est le fruit des graines qui ont germé pendant toutes ces années de recherche », glisse-t-il.  Mais à le voir arpenter de son pas rapide les salles et réserves de l’établissement, on sent pointer la fierté du  passeur de mémoire comblé. Et pourtant... C’est à l’arraché qu’il a réalisé son grand œuvre. « En fait, en 2004, des musées allemands et américains étaient prêts à acheter ma collection. Je l’avais proposée à plusieurs villes françaises concernées géographiquement par la guerre. En vain. Je pense qu’on devait me prendre pour un rigolo… ».  C’est finalement Meaux, située à portée de canon du site de la bataille de la Marne, qui comprit  tout l’intérêt de sa collection.

Les racines de sa  passion obsédante plongent dans son enfance, du côté du Chemin des Dames, théâtre de combats d’une violence inouïe, en 1917. « Mes grands-parents y  tenaient une buvette, « Le chalet bleu », dans le village de Soupir, non loin du front. J’y allais en vacances et là je voyais les vétérans – ils étaient encore nombreux dans les années 1950 - qui venaient en pèlerinage sur les traces de leur jeunesse, de leurs copains, de leur misère. J’étais petit, mais cela m’a profondément marqué. Comme le paysage des champs de bataille, les barbelés, les ossements qui affleuraient parfois... »

Photographe de presse puis pour les musées nationaux, avant de travailler pour le ministère des Anciens Combattants, Jean-Pierre Verney a  entrepris des études d’histoire sur le tard, à 45 ans, et apporte aujourd’hui son érudition très concrète à  la mission du centenaire de la guerre 14-18. Il croit à la force des objets, à leur pouvoir d’évocation, à leur portée pédagogique. « J’ai voulu aider à la compréhension du conflit par l’objet. Je pense qu’on appréhende mieux le quotidien de la guerre devant une paire de godillots, une gamelle en alu, une prothèse, un obus. « C’est important, il faut toucher ! » Alors, à  Meaux, on peut toucher,soupeser un casque Adrian, éprouver la pointe d’une Rosalie, la baïonnette du fantassin français, ou empoigner la crosse patinée d’un mousqueton  de cavalerie.

L’homme n’est jamais à court d’anecdotes éclairantes : les 8 francs du salaire quotidien des « obusettes », les ouvrières qui remplaçaient les hommes dans les usines d’armement. « C’était le prix d’un kilo de viande de bœuf, mais beaucoup moins que le salaire d’un ouvrier qualifié… » Ou bien, la bagarre des mutilés – ils seront 300 000 en France - pour bénéficier de prothèses sophistiquées. « Au début, l’État ne fournit que « la main nationale » en bois, dotée d’un pouce articulé, et le pilon. » Ou encore, la contenance du bidon réglementaire. "Elle est d'un litre en 1914, mais elle est doublée dès 1915 car dans les tranchées les soldats sont en permanence tenaillés par la soif. » Son savoir encyclopédique, à la fois concret et universitaire, il le partage. Notamment avec Jacques Tardi, l'auteur de BD avec qui il cosigna en 2008 le scénario des albums « Putain de guerre », chroniques sans concession et magistralement dessinées de la  mal nommée « Der des ders».

Commentaires

Suis très intéressée par cet article.
Pourriez-vous m'indiquer le ( ou les ) livres que Jean Pierre VERNEY, aurait pu écrire - ou être inspiré par la Grande Guerre ( 14 / 18 ) avec le nom des Editeurs.
Ayant eu un Grand Père, DCD depuis longtemps, qui avait participé à ces Grands Evénements de l'HISTOIRE, je souhaiterais en savoir davantage .
D'autres livres sur le même sujet m'intéresseraient aussi.
Je vous remercie par avance.
Amicales salutations. Suzanne Roche Bonomi

Écrit par : S. ROCHE BONOMI | 02/12/2014

Les commentaires sont fermés.

 
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