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15/01/2013

Le grand âge, parent pauvre de la solidarité nationale?

2013 sera-t-elle (enfin) l’année de la création d’une véritable prestation autonomie pour les personnes âgées en France? Plusieurs fois annoncée au cours du quinquennat de Nicolas Sarkozy, pour être finalement abandonnée en rase campagne pendant l’été 2011 (la crise, toujours la crise…), le dispositif se fait attendre depuis des années. François Hollande l’a redit en juin 2012 devant le Conseil économique social et environnemental : "L’autonomie des personnes âgées  et des personnes handicapées est un combat que nous mènerons", rappelant, dans la foulée, le "défi du financement".


Après avoir lancé plusieurs missions d’expertises pour charpenter la loi sur "l’adaptation de la société au vieillissement de population" qu’elle prépare, la ministre déléguée aux Personnes âgées et à l’Autonomie, Michèle Delaunay, a reçu début  janvier l’assurance de Matignon qu’un projet de loi serait bien présenté en 2013, pour une entrée en application en 2014. Un texte ambitieux qui, dans son esprit, balaiera les problématiques d’urbanisme, de transports, de logements, de domotique, d’innovation technologique, ainsi que les questions de prévention et de dépistage des facteurs de vieillissement. Une démarche qu’elle explique dans une interview à paraître dans la prochaine édition du magazine Notre Temps (mi-février).

Mais reste évidemment la question centrale du financement de cette nouvelle politique. A ce sujet, la ministre est beaucoup moins diserte, évoquant sans plus de détails la nécessité de lever des recettes nouvelles (la taxe de 0,3% que paieront 7,5 millions de retraités imposables à partir de cette année devrait rapporter 700  millions en année pleine à la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie, la CNSA). D’autres pistes seront-elles explorées, comme l’alignement de la CSG des retraités sur celle des actifs ou l’extension de la Contribution de solidarité pour l’autonomie aux professions qui en sont exemptées (les indépendants)? Pas question en tout cas de mettre en œuvre une prestation de Sécurité sociale, alimentée par des cotisations salariales et patronales.

Les associations de retraités et les professionnels du secteur, regroupés au sein du collectif Une société pour tous les âges, militent notamment pour une taxation de l’ensemble des successions et des donations. Pour eux l’urgence est réelle. "Les problèmes se sont amplifiés en quinze ans. Les gens qui entrent en établissements sont de plus en plus malades: 70% des résidants sont atteints de pathologies graves neurologiques ou de handicaps physiques aigus et personne ne veut mettre sur la table les 7 à 8 milliards qui manquent pour traiter les problèmes dans les établissements et aussi à domicile. On a l’impression que ce secteur reste la cinquième roue du carrosse de la protection sociale", explique Annie de Vivie, fondatrice du site AgeVillage et experte du dossier.

Mais les caisses de l’Etat  et des Départements – principaux financeurs du système- sont vides. Et sans argent, il est illusoire d’envisager un élargissement de la prise en charge des personnes en perte d’autonomie. Quelle est la situation aujourd’hui? L’allocation personnalisée d’autonomie (APA), attribuée à près d’1,2 million de bénéficiaires, est financée par les départements (plus de 5 milliards d'euros en 2011) avec l’appui de la CNSA (1,5 milliard d'euros). Celle-ci gère la Contribution de solidarité autonomie acquittée depuis 2004 par les salariés – le fameux lundi de Pentecôte- et dorénavant par une partie des retraités imposables. Les départements attribuent également des aides sociales à l’hébergement – récupérables sur la succession -  aux résidents des maisons de retraite (pour 1,2 milliard d'euros).

Au total, l’ensemble des dépenses publiques en faveur du grand âge (Sécurité sociale, collectivités locales, CNSA, Etat) avoisine les 24 milliards d'euros par an. C’est manifestement insuffisant puisque les personnes âgées et leurs familles doivent mettre la main à la poche. Les ménages concernés déboursent ainsi 10,4 milliards !

C’est en particulier le cas dans les établissements spécialisés. Le reste à charge assumé par les résidents et leur famille pèse de plus en plus lourd sur leurs ressources (2 200 € en moyenne).  Le prix de séjour fluctue entre 1500 et 3000€ par mois quand la retraite moyenne atteint 1216 € (mais 900 € pour les femmes). "Résultat : les gens préfèrent attendre chez eux, dans de très mauvaises conditions, avant de trouver une place dans un établissement moins cher…", commente Annie de Vivie. "Des centaines de milliers de Français doivent verser 100% de leurs revenus, plus leur patrimoine, plus une part des revenus de leurs descendants!", complète Pascal Champvert, président de l’Association des directeurs au service des personnes âgées (voir la vidéo). "La charge de l’aide à l’autonomie doit être assumée par l’ensemble des Français et non par les seules personnes âgées concernées et leurs familles."

 

Commentaires

Heureusement nous avons un ministère délégué aux personnes agées!!!!!. A près de 80 ans, avec un diabète et une valvulopathie due au médiator, j'ai alerté naivement le dit ministère pensant qu'il avait son mot a dire en cette affaire...........J'ai reçu une réponse du chef de cabinet: " mon courrier a été transmis au ministère de la santé !....
Quelle efficacité....on pourrai remplacer ce ministère par un facteur , ce qui permettrait de récupérer des crédits qui nous manquent...
Il y a de quoi etre inquiet sur le sort qui sera fait aux dites personnes agées..
Accessoirement, c'était 2011 ou 2012 l'année des seniors ?

Écrit par : REYNAL Joseph | 17/01/2013

Bonjour
Les personnes agées n'ont rien à attendre du Ministère qui leur est consacré, nous avons cotisé pour ceux qui étaient à la retraite avant nous, maintenant nous devons cotiser pour nous.
Ca y est, j'attendais pour être fixé sur mon sort, c'est fait. Après une retraite bien méritée, ma pension commence à s'éffriter. Alors que mon loyer a augmenté de 7€79 ce mois-ci, ma pension est amputée de 45€51.
Maintenant il n'y a plus qu'à attendre la déclaration d'impôt pour savoir combien nous paierons en plus. Comment faire pour payer plus quand on gagne moins, je n'ai pas la solution, il faudrait que l'on m'explique....

Écrit par : FRAIDERIK Jocelyne | 31/01/2013

je suis entiérement d'accord avec reynal joseph et fraiderik jocelyne ils m'ont devancés dans ce que je voulais dire merci

Écrit par : gueudin | 05/02/2013

Les commentaires sont fermés.

 
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